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Actifs souvent recommandés
La créatine : une seule phrase, 3 g par jour, des adultes
Le registre européen ne comporte qu'une entrée pour la créatine : « La créatine améliore les performances physiques lors de séries successives d'exercices très intenses de courte durée ». Les conditions d'emploi sont aussi précises que la phrase. L'allégation ne peut être portée que par une denrée apportant un apport journalier de 3 g de créatine, et le consommateur doit être informé qu'elle vise les adultes pratiquant un exercice physique de haute intensité. Rien n'y couvre la masse musculaire, la récupération entre deux séances, l'endurance ni la fonction cognitive, quatre angles pourtant courants sur les emballages et qui relèvent du descriptif du fabricant. Côté sécurité, l'Anses rappelle que la dose journalière maximale de 3 000 mg définie par le Comité scientifique de l'alimentation humaine et par l'EFSA s'applique aux compléments alimentaires, et que le consommateur doit être informé de la nécessité de ne pas cumuler différentes sources. Un même chiffre, 3 g, sert donc à la fois de condition d'allégation et de plafond : au-dessus, vous sortez du cadre sans rien gagner d'autorisé. Vidal décrit par ailleurs des protocoles allant de 20 g par jour répartis en quatre prises pendant cinq jours, puis 2 g par jour, jusqu'à des prises quotidiennes plus faibles sans phase de charge.
Les protéines : l'allégation nomme le nutriment, jamais la poudre
Trois libellés concernent les protéines au registre européen : « Les protéines contribuent à augmenter la masse musculaire », « Les protéines contribuent au maintien de la masse musculaire » et « Les protéines contribuent au maintien d'une ossature normale ». Leur condition d'emploi est nutritionnelle, pas sportive : la denrée doit être au moins source de protéines au sens du règlement (CE) n° 1924/2006, c'est-à-dire tirer au moins 12 % de sa valeur énergétique des protéines, seuil qu'une poudre dépasse très largement. Conséquence directe, ces phrases ne disent rien d'une whey plutôt que d'un pois, ni d'une marque plutôt que d'une autre, puisqu'elles portent sur le nutriment. Le repère de quantité, lui, vient de l'Anses, qui retient une référence de 0,83 g de protéines par kilogramme de poids corporel et par jour chez l'adulte en bonne santé, les protéines représentant 10 à 20 % de l'apport énergétique quotidien, quand la consommation moyenne des adultes en France se situe autour de 1,4 g par kilo et par jour. L'intérêt d'une poudre se calcule à partir de cet écart, votre apport alimentaire d'un côté, votre référence de l'autre, et Vidal précise que sans entraînement adapté, consommer plus de protéines que nécessaire ne modifie pas la masse musculaire.
Ce qui n'a aucune allégation : ramifiés, glutamine, pre-workout
Les acides aminés ramifiés en sont l'exemple le plus net : aucune allégation de santé n'est autorisée en Europe pour eux, les demandes déposées ayant été écartées en 2012, qu'elles portent sur la récupération musculaire, la fatigue, la masse musculaire, la performance intellectuelle ou l'immunité, et Vidal ajoute que les besoins quotidiens sont couverts par l'alimentation courante. La glutamine est dans la même situation, avec une donnée physiologique qui explique beaucoup : l'Anses indique qu'un apport par voie orale ne modifie pas significativement la quantité de glutamine des muscles squelettiques, parce que 90 % de la glutamine absorbée sont interceptés par l'intestin, le foie et les reins. Le registre européen ne comporte par ailleurs aucune allégation autorisée pour la L-Carnitine, dont le libellé déposé « Helps burn fat faster » figure parmi les entrées classées non autorisées. Quant aux mélanges vendus pour l'avant-séance, ils relèvent du régime général : l'arrêté du 26 septembre 2016 ne fixe nommément de dose journalière maximale que pour quatre substances, la caféine à 200 mg, la carnitine à 2 000 mg, la créatine à 3 000 mg et le lycopène à 15 mg. Une formule à quinze ingrédients n'a donc, pour la plupart d'entre eux, ni plafond ni libellé de référence.
Articulations : le nutriment qui porte la phrase autorisée
Le second besoin classique de ce profil, les articulations, obéit à la même règle et réserve la même surprise. Aucune allégation de santé n'est autorisée en Europe pour la glucosamine, pour la chondroïtine, pour le MSM ni pour le collagène, quatre ingrédients qui structurent pourtant l'essentiel de l'offre articulaire en rayon. L'EFSA n'a pas établi de relation de cause à effet entre la consommation de glucosamine et le maintien d'une articulation normale, et la Commission européenne n'a autorisé aucun des libellés déposés, dont « Helpful for joints mobility ». Ce qui est autorisé se trouve du côté des vitamines et des minéraux : la vitamine C contribue à la formation normale de collagène pour assurer la fonction normale des cartilages et des os, le manganèse contribue au maintien d'une ossature normale et à la formation normale de tissus conjonctifs, et les protéines contribuent elles aussi au maintien d'une ossature normale. Quand un emballage évoque le cartilage, l'allégation renvoie donc presque toujours à la vitamine C ajoutée à la formule, jamais à la substance mise en avant sur la face avant. Le nutriment qui porte la phrase autorisée n'est donc ni celui qui donne son nom au produit, ni celui qui en fixe le prix.
Le prix au gramme d'actif, un écart mesuré sur le catalogue
Chaque produit dont la fiche publie une dose journalière et un conditionnement sans ambiguïté est ramené ici à son prix au gramme d'actif : prix relevé divisé par la dose journalière multipliée par le nombre de jours de cure. Sur la créatine, les trois produits calculables du catalogue s'étalent de 0,07 € à 0,90 € le gramme, soit un rapport de un à treize. Le détail est plus parlant que l'écart lui-même : le produit le plus cher au gramme est une forme gélifiée qui apporte 1 000 mg par jour, c'est-à-dire le tiers des 3 g auxquels l'allégation est conditionnée : le gramme y coûte treize fois plus cher pour une prise qui reste sous la dose du registre. Sur les acides aminés ramifiés, cinq produits sont calculables et vont de 0,07 € à 2,50 € le gramme, un rapport de un à trente-six sur une famille qui, elle, n'a aucune allégation autorisée. Un prix au gramme bas ne fait pas un bon produit à lui seul, la forme, la pureté et la transparence de l'étiquette comptent autant. Mais un prix au gramme élevé sur une substance sans libellé autorisé appelle une explication que peu de fiches produits fournissent.
Par quoi commencer, et dans quel ordre
L'ordre logique tient en trois temps. D'abord l'apport alimentaire : tant que vos protéines quotidiennes n'ont pas été comparées à la référence de 0,83 g par kilo, une poudre reste un achat à l'aveugle, et c'est l'écart entre les deux qui dit la quantité utile, pas la dosette du fabricant. Ensuite la seule question de discipline qui change quelque chose au regard du registre : votre pratique enchaîne-t-elle des efforts très intenses et très courts, répétés en séries ? C'est le champ exact de l'allégation de la créatine, et rien d'autre. Enfin les micronutriments, à traiter sur constat plutôt que par principe : un dosage biologique et l'avis d'un médecin valent mieux qu'une cure décidée en rayon, en particulier pour le fer, qu'aucune sensation de fatigue ne suffit à justifier. Deux réflexes complètent l'ensemble. Ne cumulez pas plusieurs compléments sur une même période, l'Anses reliant explicitement ce cumul à un risque d'interactions entre composants mal documentées. Et si vous êtes en compétition, la norme française NF V94-001 encadre le risque de dopage non intentionnel dans les compléments destinés aux sportifs : le numéro de lot et son certificat d'analyse se demandent au vendeur, avant l'achat plutôt qu'après un contrôle.
Questions fréquentes
Les BCAA ont-ils une allégation autorisée en Europe ?
Aucune. Les demandes déposées pour les acides aminés ramifiés ont été écartées en 2012, qu'elles portent sur la récupération musculaire, la fatigue, la masse musculaire, la performance intellectuelle ou l'immunité, et le registre européen en conserve la trace parmi les allégations non autorisées. Vidal ajoute que les besoins quotidiens en ces acides aminés sont couverts par l'alimentation courante, et signale que de nombreuses études n'ont pas relevé d'effet sur les performances sportives ni sur la masse musculaire.
Faut-il faire une phase de charge en créatine ?
La condition d'emploi de l'allégation ne connaît qu'un chiffre, 3 g par jour, pour des adultes pratiquant un exercice physique de haute intensité. Vidal décrit deux protocoles rencontrés dans la littérature, l'un avec 20 g par jour répartis en quatre prises pendant cinq jours puis 2 g par jour, l'autre avec des prises quotidiennes plus faibles sans phase de charge. L'Anses retient une dose journalière maximale de 3 000 mg pour les compléments et insiste sur la nécessité de ne pas cumuler différentes sources, ce qui inclut les mélanges pour l'effort qui en contiennent déjà.
Whey ou protéines végétales, l'allégation change-t-elle ?
Non, elle porte sur le nutriment protéines et ne distingue pas les origines. Ce qui diffère se mesure ailleurs : la digestibilité iléale réelle est de 95 % pour les protéines de lait et de l'ordre de 90 % pour les aliments d'origine végétale étudiés, avec une valeur de 83 % pour les protéines de colza. L'acide aminé limitant n'est pas le même non plus, la lysine pour les céréales, les acides aminés soufrés pour les légumineuses, ce qui explique techniquement les mélanges de pois et de riz.
Combien de protéines par jour pour un adulte qui s'entraîne ?
La référence de l'Anses chez l'adulte en bonne santé est de 0,83 g par kilogramme de poids corporel et par jour, les protéines représentant 10 à 20 % de l'apport énergétique quotidien, quand la consommation moyenne des adultes en France se situe autour de 1,4 g par kilo. Vidal réserve la supplémentation protéique aux sportifs qui s'entraînent de façon intensive, estime qu'elle devrait être pratiquée sous contrôle médical, et recommande de boire au moins 30 ml d'eau par gramme de protéines ingéré.
Un pre-workout à la caféine est-il encadré ?
Par la dose, oui. L'arrêté du 26 septembre 2016 limite la caféine à 200 mg dans la portion journalière recommandée d'un complément alimentaire. L'EFSA a de son côté estimé que des doses uniques allant jusqu'à 200 mg et des apports journaliers allant jusqu'à 400 mg ne soulèvent pas de préoccupation de sécurité chez l'adulte en bonne santé. Ces quantités s'additionnent avec le café et les boissons de la journée, addition qu'aucune étiquette ne fait à votre place.
Le prix au gramme suffit-il à choisir un produit ?
Non, mais il élimine vite. Le calcul rapporte le prix relevé à la dose journalière et à la durée de cure, ce qui remet à plat des flacons incomparables au premier regard : sur la créatine, l'écart mesuré entre le moins cher et le plus cher au gramme est de un à treize, et le plus cher n'apporte que 1 000 mg par jour. Restent à vérifier la forme employée, la teneur réelle par dose, la mention d'analyses de pureté et, en compétition, le contrôle du lot.
Sources
- Anses, Les compléments alimentaires destinés aux sportifs, avis et rapport d'expertise collective (saisine 2014-SA-0008) — consulté le 1 août 2026
- Commission européenne, registre UE des allégations nutritionnelles et de santé — consulté le 1 août 2026
- Légifrance, arrêté du 26 septembre 2016 établissant la liste des substances à but nutritionnel ou physiologique autorisées dans les compléments alimentaires — consulté le 1 août 2026
- Anses, Protéines : rôle, sources et apports recommandés — consulté le 1 août 2026
- Afssa, Apport en protéines : consommation, qualité, besoins et recommandations (saisine 2004-SA-0052) — consulté le 1 août 2026
- Vidal, Les suppléments de protéines et d'acides aminés pour sportifs — consulté le 1 août 2026
- Vidal, Créatine (complément alimentaire) — consulté le 1 août 2026
- EFSA, EFSA explains the safety of caffeine (27 mai 2015) — consulté le 1 août 2026
Mis à jour le 1 août 2026 · rédigé par Christelle, éditrice du site et non professionnelle de santé.





















































