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Le magnésium, seule allégation réellement autorisée du rayon
Le magnésium fait exception, et ses libellés figurent noir sur blanc au règlement (UE) 432/2012 : le magnésium contribue au fonctionnement normal du système nerveux, le magnésium contribue à des fonctions psychologiques normales, le magnésium contribue à réduire la fatigue, le magnésium contribue à une fonction musculaire normale. Ces phrases nomment le minéral et non un produit, et ne sont utilisables que si la portion journalière en apporte au moins 15 % de la valeur nutritionnelle de référence. Un écart mérite d'être connu avant l'achat : la valeur nutritionnelle de référence qui sert aux pourcentages de l'étiquette est de 375 mg par jour, alors que l'Anses retient une limite supérieure de sécurité de 250 mg par jour pour le magnésium dissociable apporté par les compléments, celle-ci ne s'appliquant pas au magnésium des aliments. Un produit affichant 100 % de la VNR se situe donc une fois et demie au-dessus du repère de sécurité que l'Anses applique aux compléments, sans rien enfreindre, puisque les deux chiffres ne mesurent pas la même chose. Vidal conseille par ailleurs de rester sous 350 mg par prise et de prendre le produit au cours d'un repas, l'effet indésirable le plus fréquent étant la diarrhée.
Ce que l'Anses a écrit sur l'ashwagandha
Saisie par la DGCCRF, l'Anses a rendu un avis sur les préparations de Withania somnifera, saisine n° 2021-SA-0077. Faute de données suffisantes sur l'innocuité, et au vu des effets indésirables rapportés chez l'animal comme chez l'humain, l'agence déconseille ces compléments aux personnes présentant des troubles endocriniens, en particulier thyroïdiens, aux personnes ayant des troubles hépatiques ou cardiaques, aux femmes enceintes compte tenu d'un usage traditionnel comme abortif, et aux personnes prenant des médicaments à effet dépresseur du système nerveux central. Par manque de données sur ces populations, elle étend la même réserve aux femmes allaitantes, aux enfants et aux adolescents. Les effets indésirables transmis à son dispositif de nutrivigilance sont surtout digestifs, avec des diarrhées et des vomissements, généraux avec de la somnolence, ou cutanés. L'agence appelle enfin à la plus grande prudence en cas de prise concomitante de certains médicaments, et demande aux fabricants d'afficher les restrictions d'usage sur l'emballage, ce que peu de fiches produit font aujourd'hui.
Vitamines B6 et B12 : ce que fonctions psychologiques normales veut dire
Beaucoup de formules du rayon associent du magnésium à de la vitamine B6, et cette association a une base réglementaire réelle : la vitamine B6 contribue à des fonctions psychologiques normales, au fonctionnement normal du système nerveux, à réduire la fatigue, et elle contribue à réguler l'activité hormonale. La vitamine B12 porte des libellés voisins, dont les fonctions psychologiques normales et le fonctionnement normal du système nerveux. Ces formulations décrivent le maintien d'une fonction chez une personne dont l'apport est suffisant, elles ne décrivent pas un effet sur une humeur ou sur une tension nerveuse ponctuelle, et c'est exactement la nuance que le marketing efface. Le dosage mérite ensuite un regard : la valeur nutritionnelle de référence de la vitamine B6 est de 1,4 mg par jour et l'EFSA retient une limite supérieure de sécurité de 12 mg par jour chez l'adulte, quand certaines formules affichent 25 mg par prise, soit près de 1 800 % de la VNR. Vidal signale qu'au-delà de 500 mg par jour, une perte de sensibilité des doigts et des orteils, des nausées et des vomissements ont été rapportés, et mentionne un seuil de prudence de 5 mg par jour chez les personnes sous lévodopa.
Valériane et passiflore : la même plante dans deux rayons
Une particularité française mérite d'être connue avant de comparer des prix. La valériane et la passiflore existent à la fois comme médicaments, avec une autorisation de mise sur le marché et une indication encadrée, et comme compléments alimentaires, qui relèvent du droit alimentaire et se déclarent auprès de la DGCCRF sans indication. Une même plante occupe donc deux rayons avec des exigences de dossier très différentes, et seul le premier a le droit d'écrire à quoi elle sert. Côté sécurité, le VIDAL déconseille la valériane pendant la grossesse et l'allaitement ainsi qu'avant douze ans, indique que la durée de prise ne devrait pas dépasser six semaines, un usage prolongé pouvant paradoxalement provoquer des insomnies, et recommande d'écarter l'association avec les médicaments sédatifs, les anticoagulants, les compléments de fer et le lopéramide. La passiflore est déconseillée avant douze ans et contre-indiquée pendant la grossesse et l'allaitement, avec une altération possible de la vigilance qui appelle de la prudence au volant.
Mélatonine : autorisée, mais sur un point très précis
La mélatonine est l'exception du rayon, avec deux allégations autorisées et deux seulement. La première, la mélatonine contribue à réduire le temps d'endormissement, suppose la consommation de 1 mg peu avant le coucher. La seconde, la mélatonine contribue à atténuer les effets du décalage horaire, suppose au moins 0,5 mg juste avant le coucher, le premier jour du voyage et les quelques jours suivant l'arrivée. Rien d'autre n'est admis, et Vidal souligne que les mentions portant sur la qualité du sommeil ou sur la régulation du rythme circadien sortent du cadre autorisé. En France, les compléments commercialisés apportent moins de 2 mg par jour, et l'Anses recommande de réserver ces produits à un usage occasionnel, faute de données suffisantes sur les effets d'une consommation prolongée. Elle demande à plusieurs populations de s'en abstenir, dont les femmes enceintes et allaitantes, les enfants et les adolescents, et toute personne exerçant une activité où la somnolence poserait un problème de sécurité.
Questions fréquentes
L'ashwagandha dispose-t-il d'une allégation autorisée en Europe ?
Non, aucune. Les dossiers déposés pour les plantes au titre du règlement (CE) n° 1924/2006 sont restés en attente depuis 2010, et le registre européen n'en valide aucune. L'Anses a de plus rendu un avis, saisine n° 2021-SA-0077, qui déconseille ces préparations à plusieurs populations.
Quelle allégation le magnésium porte-t-il vraiment ?
Quatre libellés comptent ici : le magnésium contribue au fonctionnement normal du système nerveux, à des fonctions psychologiques normales, à réduire la fatigue et à une fonction musculaire normale. Ils nomment le minéral, jamais un produit, et supposent au moins 15 % de la VNR par portion journalière.
Faut-il choisir du magnésium marin ?
Le magnésium marin est en pratique un mélange dominé par l'oxyde et l'hydroxyde, avec une teneur élémentaire forte, une solubilité plus modeste et un effet laxatif plus fréquent. Le bisglycinate, le citrate et le malate comptent parmi les formes les mieux tolérées selon Vidal.
Une plante est-elle sans risque parce qu'elle est naturelle ?
L'Anses rappelle que la présence d'une plante n'est pas un gage d'innocuité et que les effets indésirables peuvent aller jusqu'à des atteintes hépatiques. Elle demande aux fabricants d'afficher les restrictions d'usage sur l'emballage, et a publié un tableau de précautions portant sur 118 plantes médicinales.
Un complément peut-il remplacer une prise en charge du stress ?
Non. Un complément alimentaire est une denrée alimentaire, il ne remplace ni un avis médical ni un suivi. Un stress installé, un sommeil durablement perturbé ou un retentissement sur le quotidien se discutent avec un médecin, et tout effet indésirable se déclare à la nutrivigilance de l'Anses.
Combien de temps peut-on prendre de la valériane ?
Le VIDAL indique que la durée de prise ne devrait pas dépasser six semaines, un usage prolongé pouvant paradoxalement provoquer des insomnies, et déconseille cette plante pendant la grossesse, pendant l'allaitement et avant douze ans.
Sources
- Anses, avis relatif aux préparations de Withania somnifera (saisine n° 2021-SA-0077) — consulté le 30 juillet 2026
- Commission européenne, registre UE des allégations nutritionnelles et de santé — consulté le 30 juillet 2026
- Anses, Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux — consulté le 30 juillet 2026
- Anses, Compléments alimentaires à base de plantes : vers une meilleure information des consommateurs — consulté le 30 juillet 2026
- Anses, l'Anses recommande à certaines populations d'éviter les compléments contenant de la mélatonine — consulté le 30 juillet 2026
- VIDAL, Phytothérapie : Valériane (Valeriana officinalis) — consulté le 30 juillet 2026
Mis à jour le 1 août 2026 · rédigé par Christelle, éditrice du site et non professionnelle de santé.






















































