Besoins prioritaires
Actifs souvent recommandés
La seule allégation qui vise la perte de poids, et ses conditions
Une entrée du registre européen porte explicitement sur la perte de poids, et elle concerne le glucomannane, une fibre soluble extraite du rhizome de konjac. Autorisée par le règlement (UE) n° 432/2012, elle est réservée aux denrées apportant 1 g de glucomannane par portion quantifiée, et le consommateur doit être informé que l'effet s'obtient avec 3 g par jour, répartis en trois prises de 1 g accompagnées d'un à deux verres d'eau, avant les repas, dans le cadre d'un régime hypocalorique. Une seconde entrée, distincte, porte sur les concentrations normales de cholestérol sanguin, avec une condition d'emploi de 4 g par jour. Les deux imposent en outre un avertissement sur le risque d'étouffement. Dans son avis du 24 décembre 2024, l'Anses retient une dose journalière maximale de 3 g pour le glucomannane de konjac, en précisant qu'elle ne se prononce pas au-delà, faute d'évaluation des risques. Le même avis cite l'EFSA, qui a observé un inconfort intestinal, constipation et diarrhée, chez plusieurs personnes recevant 3 g par jour pendant douze semaines. Toute la valeur de cette entrée tient dans ses conditions : hors régime hypocalorique et hors des 3 g répartis en trois prises, elle ne s'applique plus.
Le garcinia, cas documenté d'un actif retiré du marché
Ce rayon a un précédent, et il vaut mieux que n'importe quel avertissement général. Après le signalement, en 2019, d'une hépatite fulminante mortelle associée à un complément contenant du Garcinia cambogia, l'Anses a rendu le 12 février 2025 un avis déconseillant ces produits à l'ensemble de la population. L'arrêté du 15 avril 2025 a suspendu pour un an l'importation, l'introduction et la mise sur le marché en France des compléments alimentaires contenant cette plante, avec retrait des produits et rappel auprès des consommateurs, et l'arrêté du 16 avril 2026 a renouvelé cette suspension pour douze mois à compter du 18 avril 2026. L'analyse publiée dans VigilAnses n° 26 porte sur 35 déclarations reçues de janvier 2009 à mars 2024, dont 16 ont été retenues après examen : six personnes présentaient des atteintes hépatiques et, parmi les trois hépatites sévères, l'une menaçait le pronostic vital tandis qu'une autre a conduit au décès. Ces effets sont survenus chez des personnes ayant des antécédents comme chez des personnes sans aucun antécédent médical. Conséquence concrète ici : aucun produit du catalogue n'est rattaché à cet actif, et un flacon acheté avant la suspension ne se consomme pas davantage aujourd'hui.
Le vrai sujet d'un rééquilibrage : les apports qui baissent
Une alimentation variée et équilibrée couvre les apports de référence, et la mention obligatoire imposée par le décret n° 2006-352 rappelle qu'un complément ne s'y substitue pas. Le point de vigilance est ailleurs : un régime qui supprime des familles entières d'aliments n'est plus, par construction, une alimentation variée, et ce sont les apports portés par les aliments écartés qui diminuent avec eux. Les repères de lecture sont les valeurs d'étiquetage, celles qui servent aux pourcentages affichés sur les boîtes, soit 14 mg par jour pour le fer, 800 mg pour le calcium, 375 mg pour le magnésium, 150 µg pour l'iode et 2,5 µg pour la vitamine B12. Un piège de lecture mérite d'être connu sur la vitamine D, dont la valeur d'étiquetage européenne est de 5 µg quand la référence retenue par l'Anses est de 15 µg : un pourcentage inscrit sur une boîte se lit comme un pourcentage des apports de référence de l'étiquetage, jamais comme un pourcentage de vos besoins. Côté protéines, la référence de l'Anses chez l'adulte en bonne santé est de 0,83 g par kilogramme de poids corporel et par jour, un repère qui ne bouge pas parce que la ration a diminué.
Les libellés minceur refusés, nommément
Le registre européen conserve la trace des demandes rejetées, et c'est la partie la plus utile à lire avant d'acheter. Pour l'acide linoléique conjugué, les libellés déposés « Aids slimming by reducing body fat and preserving lean muscle », « Helps to control fat metabolism » et « Contributes to healthy insulin function » sont tous classés comme non autorisés. Pour la L-Carnitine, l'entrée 4684, déposée sous le libellé « Helps burn fat faster », est classée non autorisée elle aussi, au motif que l'effet revendiqué n'a pas été étayé par les preuves évaluées : l'argument de vente dominant de la catégorie est donc, littéralement, un libellé refusé. Le chrome fait figure d'exception, avec deux allégations autorisées par le règlement (UE) n° 432/2012, l'une sur le métabolisme normal des macronutriments, l'autre sur le maintien d'une glycémie normale ; en revanche, les formulations reliant le chrome au contrôle du poids par le métabolisme des glucides et à la fatigue ont été écartées à l'échelle européenne. Les extraits concentrés de thé vert, enfin, n'ont aucune allégation autorisée, et le règlement (UE) 2022/2340 interdit depuis le 21 juin 2023 la commercialisation de denrées dont la portion journalière apporte 800 mg d'EGCG ou plus.
Un rayon où la plupart des substances n'ont pas de dose de référence
Un dernier écart mérite d'être connu, parce qu'il touche à la dose plutôt qu'à la promesse. L'arrêté du 26 septembre 2016 ne fixe nommément une teneur maximale que pour quatre substances à but nutritionnel ou physiologique : la caféine à 200 mg, la carnitine à 2 000 mg, la créatine à 3 000 mg et le lycopène à 15 mg. Tout le reste de ce rayon circule donc sans plafond journalier réglementaire français. L'acide linoléique conjugué en donne la mesure : Vidal rappelle qu'aucun apport nutritionnel conseillé n'existe pour cette substance et que les études publiées ont employé des doses de 2 à 7 g par jour, soit un facteur trois et demi entre les protocoles, sans qu'aucun de ces chiffres ne fasse référence. Dans son avis du 24 décembre 2024, l'Anses retient précisément comme critère d'une substance à but nutritionnel ou physiologique le fait de bénéficier d'une allégation de santé évaluée par l'EFSA et autorisée par la Commission européenne. Appliqué à ce rayon, ce critère laisse de côté la plus grande partie de ce qui s'y vend. Deux produits peuvent ainsi afficher le même prix au gramme et proposer des portions journalières du simple au double, sans qu'aucun texte ne permette de dire laquelle est la bonne.
Lire une étiquette et un prix dans ce rayon
Trois vérifications suffisent à écarter une grande partie de l'offre. La première porte sur la distance entre le nom du produit et sa portion journalière : le catalogue contient un complément dont le nom affiche 2 000 mg quand sa portion journalière recommandée en apporte 1 500, chiffre qui ne se trouve que dans le tableau nutritionnel. La deuxième rapporte la dose à la condition d'emploi : un produit au glucomannane qui apporte quelques centaines de milligrammes par jour reste légal, mais il ne remplit pas les 3 g auxquels l'allégation est attachée, et cette distance n'est jamais signalée sur la face avant. La troisième est le prix ramené au gramme d'actif, calculé ici comme le prix relevé divisé par la dose journalière multipliée par le nombre de jours de cure. Sur la L-Carnitine, les trois produits calculables du catalogue s'échelonnent de 0,38 € à 0,99 € le gramme, et le moins cher au gramme se trouve être celui qui atteint le plafond réglementaire français de 2 000 mg par jour. Ajoutez la teneur totale en caféine, toutes sources confondues, et l'identité du responsable de la mise sur le marché : ces deux lignes en disent souvent plus que la page de vente entière.
Questions fréquentes
Un complément peut-il faire maigrir ?
Le règlement (CE) n° 1924/2006 interdit à son article 12 toute allégation faisant référence au rythme ou à l'importance de la perte de poids, ce qui rend non conforme toute promesse chiffrée, quel que soit le produit. Une seule entrée du registre européen vise la perte de poids, celle du glucomannane, et elle n'existe que dans le cadre d'un régime hypocalorique, à 3 g par jour répartis en trois prises de 1 g avant les repas. Hors de ces conditions, aucune allégation ne s'applique.
Pourquoi ne trouve-t-on plus de garcinia en France ?
Parce que sa mise sur le marché est suspendue. L'Anses a rendu le 12 février 2025 un avis déconseillant ces compléments à l'ensemble de la population, après le signalement en 2019 d'une hépatite fulminante mortelle. L'arrêté du 15 avril 2025 a suspendu pour un an l'importation et la mise sur le marché des compléments contenant cette plante, et l'arrêté du 16 avril 2026 a renouvelé la suspension pour douze mois à compter du 18 avril 2026. Si vous détenez un tel produit, n'en consommez pas, et consultez rapidement un médecin en cas de fatigue inhabituelle, de nausées, d'urines foncées ou de coloration jaune de la peau ou des yeux.
Les produits dits brûle-graisses ont-ils un statut réglementaire ?
Aucun libellé de ce type n'est autorisé. L'entrée 4684 du registre européen, déposée sous « Helps burn fat faster » pour la carnitine, est classée non autorisée, de même que les libellés déposés pour l'acide linoléique conjugué sur la masse grasse, le métabolisme des graisses et la sensibilité à l'insuline. Les extraits concentrés de thé vert n'ont pas davantage d'allégation autorisée, et une portion journalière apportant 800 mg d'EGCG ou plus ne peut plus être commercialisée depuis le 21 juin 2023.
Sur quoi porter attention côté apports pendant un régime ?
Sur les apports portés par les aliments que le régime écarte. Les valeurs d'étiquetage donnent le repère de lecture : 14 mg par jour pour le fer, 800 mg pour le calcium, 375 mg pour le magnésium, 150 µg pour l'iode et 2,5 µg pour la vitamine B12, sachant que le fer contribue à réduire la fatigue et que l'iode contribue à un métabolisme énergétique normal. Un apport insuffisant ne se devine pas : un dosage biologique et l'avis d'un médecin valent mieux qu'une cure décidée en rayon.
Le chrome sert-il à contrôler le poids ?
Deux allégations seulement sont autorisées pour le chrome, l'une sur le métabolisme normal des macronutriments, l'autre sur le maintien d'une glycémie normale. Les formulations reliant le chrome au contrôle du poids par le métabolisme des glucides et à la fatigue ont été écartées à l'échelle européenne. Une singularité française mérite d'être connue : l'arrêté du 9 mai 2006 plafonne le chrome à 25 µg par jour dans un complément vendu en France, valeur inférieure à la valeur nutritionnelle de référence de 40 µg, si bien qu'un produit conforme au texte français ne peut pas afficher 100 % de cette référence.
Comment prendre du konjac sans risque ?
Le risque documenté est d'abord mécanique. Les conditions d'emploi européennes et l'Anses imposent un avertissement sur le risque d'étouffement pour les personnes ayant des difficultés à déglutir ou en cas d'apport hydrique insuffisant, ainsi qu'une prise avec assez d'eau pour que le glucomannane atteigne l'estomac. Une directive européenne de 2003 a interdit les gelées en minibarquettes contenant l'additif E425 après des décès par suffocation. L'Anses retient une dose journalière maximale de 3 g. En cas de difficulté à avaler, d'antécédent d'obstruction digestive ou de chirurgie digestive, demandez l'avis de votre médecin avant toute prise.
Sources
- Règlement (CE) n° 1924/2006 concernant les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires, version consolidée (EUR-Lex) — consulté le 1 août 2026
- Anses, Ne pas consommer de compléments alimentaires à base de la plante Garcinia cambogia — consulté le 1 août 2026
- Légifrance, arrêté du 16 avril 2026 portant renouvellement de la suspension de mise sur le marché des compléments alimentaires contenant la plante Garcinia cambogia Desr. — consulté le 1 août 2026
- VigilAnses n° 26 (juillet 2025), effets indésirables liés à la consommation de compléments alimentaires à base de Garcinia cambogia — consulté le 1 août 2026
- Anses, avis du 24 décembre 2024 relatif à la mise à jour de l'arrêté du 26 septembre 2016 (saisine 2023-SA-0216) — consulté le 1 août 2026
- Commission européenne, registre UE des allégations nutritionnelles et de santé — consulté le 1 août 2026
- Anses, Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux — consulté le 1 août 2026
- EFSA, EFSA assesses safety of green tea catechins (18 avril 2018) — consulté le 1 août 2026
- Légifrance, arrêté du 9 mai 2006 relatif aux nutriments pouvant être employés dans la fabrication des compléments alimentaires — consulté le 1 août 2026
Mis à jour le 1 août 2026 · rédigé par Christelle, éditrice du site et non professionnelle de santé.






















































