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Zinc : deux libellés autorisés que le rayon n'affiche pas
Le registre européen autorise pour ce minéral une liste de formulations, parmi lesquelles deux concernent directement ce profil : « Le zinc contribue à la fertilité et à la reproduction normales » et « Le zinc contribue au maintien d'un taux normal de testostérone dans le sang ». Le VIDAL reprend ces mentions et donne le seuil d'emploi, 1,5 mg de zinc pour 100 g, 100 ml ou par emballage individuel. Lisez le second libellé mot à mot. Il parle de maintien d'un taux normal, jamais d'augmentation, et il ne dit rien d'un taux bas. Un produit qui annonce de faire monter la testostérone sort donc du cadre, même s'il contient du zinc, et un taux réellement bas relève d'un dosage sanguin, pas d'un achat en ligne. La VNR européenne est de 10 mg par jour, l'Anses retient de 7,5 à 14 mg selon l'apport en phytates de l'alimentation, et sa limite supérieure de sécurité s'établit à 25 mg par jour toutes sources confondues. La marge se referme vite dès que vous cumulez une multivitamine et un produit dédié. Sur la forme, l'étiquette annonce un sel et non le minéral lui-même : 100 mg de gluconate apportent environ 14 mg de zinc élément, et c'est cette valeur qui se compare d'un produit à l'autre. Le bisglycinate, le citrate et le picolinate comptent parmi les formes organiques courantes, le sulfate et l'oxyde parmi les moins chères, l'oxyde étant peu soluble. Les comparaisons directes entre sels chez l'humain restent limitées, ce qui invite à ne pas surinterpréter les écarts annoncés sur les emballages.
Prostate : un rayon entier sans une seule allégation
Le confort urinaire masculin après quarante-cinq ans structure un marché entier, bâti sur quelques plantes dont la racine d'ortie. Aucune d'entre elles ne dispose d'une allégation de santé autorisée en Europe, et le registre de la Commission ne comporte aucune formulation les concernant. Ce vide ne signifie pas qu'un produit serait sans intérêt, il signifie qu'aucune autorité n'a évalué puis autorisé l'effet annoncé sur l'emballage, et que la phrase imprimée relève du discours commercial. Le VIDAL ajoute une précision décisive pour ce profil : la racine d'ortie est déconseillée aux hommes concernés par un cancer de la prostate, et la plante est déconseillée en cas de troubles du cœur ou des reins accompagnés d'œdèmes, ainsi que pendant une crise de calculs urinaires. Une gêne qui s'installe, un jet faible, des réveils nocturnes répétés appellent un examen et un dosage. Un complément alimentaire n'est pas un médicament et ne peut se présenter comme une réponse à ces situations. L'ANSES a par ailleurs publié en juin 2023 un tableau consacré à 118 plantes employées dans les compléments alimentaires, destiné aux professionnels de santé, qui rassemble restrictions d'usage, contre-indications et interactions médicamenteuses possibles ; l'agence y rappelle que la présence d'une plante dans un produit n'est pas un gage d'innocuité.
Sélénium : une allégation autorisée, une mise en garde qui l'accompagne
Le registre européen autorise six formulations pour cet oligoélément, dont « le sélénium contribue à une spermatogenèse normale ». C'est, en dehors du zinc, la seule mention du registre qui porte explicitement sur la fonction reproductive masculine. Elle ne vaut pourtant pas conseil d'achat, et c'est le point que les fiches produit passent sous silence. Le VIDAL déconseille les compléments de sélénium chez l'homme, en s'appuyant sur une étude ayant observé une augmentation du risque de cancer de la prostate lors d'une supplémentation associant sélénium et vitamine E. La marge entre l'apport utile et l'excès est par ailleurs l'une des plus étroites du rayon : l'Anses retient un apport satisfaisant de 70 µg par jour et publie une limite supérieure de sécurité de 255 µg par jour, quand les produits du commerce dosent couramment de 50 à 200 µg par unité, multivitamines comprises. Une allégation décrit un rôle physiologique de la substance, elle ne dit jamais qu'une supplémentation serait indiquée.
Tonus : ce qui porte une allégation et ce qui n'en porte pas
Face à une fatigue installée, trois substances portent des formulations autorisées et se vérifient sur une étiquette. Le magnésium contribue à réduire la fatigue et à un métabolisme énergétique normal, pour une VNR de 375 mg par jour ; l'Anses retient un apport satisfaisant de 380 mg par jour chez l'homme adulte, mais fixe à 250 mg par jour la limite qui s'applique au magnésium dissociable apporté par les compléments, ce qui situe bien le rôle d'appoint de ces produits. La vitamine B12 contribue à réduire la fatigue et au fonctionnement normal du système nerveux, pour une VNR de 2,5 µg. La vitamine D contribue au maintien d'une fonction musculaire normale. En face, les extraits vendus sous l'étiquette du tonus masculin, tribulus et shilajit en tête, ne disposent d'aucune formulation autorisée : l'Anses relève à propos des extraits de Tribulus terrestris qu'ils « ont été peu étudiés » et qu'il n'existe aucune preuve expérimentale de transformation de leurs composés stéroïdiens dans l'organisme humain.
Le fer : l'erreur la plus fréquente des formules « homme »
Beaucoup de formules dites énergie masculine embarquent du fer, souvent parce que le mot rassure. L'homme adulte n'a pourtant pas les pertes menstruelles qui expliquent l'essentiel des besoins accrus chez la femme non ménopausée, et le fer est un minéral qui s'accumule, l'organisme ne disposant pas de mécanisme d'élimination active. Une supplémentation décidée seul, sans dosage sanguin préalable, n'a donc pas de justification pour ce profil, et l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien s'impose avant toute prise prolongée. Le même raisonnement vaut pour n'importe quelle formule multi-ingrédients : additionnez les apports de tous vos produits avant d'en ajouter un. Le zinc pris à forte dose et sur la durée interfère avec l'absorption du cuivre, le calcium abaisse celle du fer et du zinc pris au même moment, et le VIDAL conseille d'espacer d'au moins deux heures la prise de zinc et celle des antibiotiques de la famille des cyclines ou des quinolones.
Questions fréquentes
Un complément peut-il faire monter mon taux de testostérone ?
Pas au regard du droit alimentaire. Le seul libellé autorisé sur ce sujet est « Le zinc contribue au maintien d'un taux normal de testostérone dans le sang » : il porte sur le maintien d'un taux déjà normal, et non sur une hausse. Un taux bas suspecté relève d'un dosage sanguin et d'un avis médical.
Les plantes du rayon prostate ont-elles une allégation autorisée ?
Aucune. Les dossiers d'allégations portant sur les plantes sont « en attente » au registre européen depuis 2010, et la Commission n'en a autorisé aucune. Toute promesse de confort urinaire imprimée sur un emballage relève donc du commerce, pas d'une évaluation validée.
Faut-il prendre du sélénium quand on est un homme ?
Le VIDAL déconseille les compléments de sélénium chez l'homme, en citant une étude ayant observé une augmentation du risque de cancer de la prostate sous supplémentation associant sélénium et vitamine E. L'existence d'une allégation autorisée sur la spermatogenèse ne contredit pas cette mise en garde : elle décrit un rôle, pas une indication.
Quel dosage de zinc regarder sur l'étiquette ?
Regardez la quantité de zinc élément par prise, jamais le poids du sel : 100 mg de gluconate apportent environ 14 mg de zinc. La VNR est de 10 mg par jour et l'Anses publie une limite supérieure de sécurité de 25 mg par jour, toutes sources confondues, multivitamines incluses.
Le tribulus est-il autorisé dans les compléments en France ?
Tribulus terrestris figure à l'annexe I de l'arrêté du 24 juin 2014, pour la feuille, la jeune pousse et le fruit, avec une condition explicite : les parties de plante doivent être cuites. Un produit qui affiche une racine ou une poudre crue sort de ce cadre, et aucune allégation n'est autorisée pour cette espèce.
Un multivitamines couvre-t-il les besoins d'un homme actif ?
Un multivitamines apporte des quantités souvent proches de la VNR sur beaucoup de nutriments, ce qui rend le cumul avec des produits dédiés facile à sous-estimer. Additionnez les apports de zinc, de sélénium et de magnésium de tous vos produits avant d'en ajouter un, puis comparez le total aux limites supérieures de sécurité publiées par l'Anses.
Sources
- Commission européenne, registre UE des allégations nutritionnelles et de santé — consulté le 1 août 2026
- VIDAL, Complément alimentaire : Zinc (allégations autorisées et seuils d'emploi) — consulté le 1 août 2026
- VIDAL, Complément alimentaire : Sélénium — consulté le 1 août 2026
- VIDAL, Phytothérapie : Ortie dioïque (Urtica dioica) — consulté le 1 août 2026
- Anses, avis et rapport relatifs aux compléments alimentaires destinés aux sportifs (saisine 2014-SA-0008) — consulté le 1 août 2026
- Légifrance, arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires, annexe I — consulté le 1 août 2026
- Anses, Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux — consulté le 1 août 2026
Mis à jour le 1 août 2026 · rédigé par Christelle, éditrice du site et non professionnelle de santé.





















































