Besoins prioritaires
Actifs souvent recommandés
Zinc : lire les deux libellés au mot près
Les deux mentions autorisées pour ce minéral sont utiles à condition d'être lues telles qu'elles sont écrites. La première, sur la fertilité et la reproduction normales, décrit un rôle physiologique du nutriment dans un fonctionnement normal ; elle ne promet ni conception, ni amélioration d'un paramètre biologique, et elle n'a rien à dire d'un parcours médicalisé. La seconde parle du maintien d'un taux normal de testostérone dans le sang, ce qui exclut toute promesse de hausse. Le VIDAL précise le seuil d'emploi de ces mentions, 1,5 mg de zinc pour 100 g, 100 ml ou par emballage individuel, et l'Anses fixe la limite supérieure de sécurité à 25 mg par jour, toutes sources confondues, pour une VNR de 10 mg. Le VIDAL signale par ailleurs des maux de tête et un goût métallique parmi les effets indésirables possibles, et conseille d'espacer de deux heures au moins la prise de zinc et celle de fer.
Sélénium et spermatogenèse : l'allégation la plus détournée du rayon
« Le sélénium contribue à une spermatogenèse normale » est une formulation réellement inscrite au registre européen, et c'est aussi celle qui sert de caution à des produits présentés comme des solutions de fertilité masculine. Deux éléments manquent systématiquement sur ces fiches. Le premier : la mention porte sur un processus normal, pas sur une difficulté à concevoir, situation qui relève d'un bilan et d'un suivi médical du couple. Le second : le VIDAL déconseille les compléments de sélénium chez l'homme, en s'appuyant sur une étude ayant observé une augmentation du risque de cancer de la prostate sous supplémentation associant sélénium et vitamine E. S'ajoute une contrainte de dose peu connue : l'Anses retient un apport satisfaisant de 70 µg par jour et une limite supérieure de sécurité de 255 µg par jour, quand une seule noix du Brésil peut déjà représenter un apport notable et que les produits du commerce dosent de 50 à 200 µg.
Le rayon libido : aucune plante ne peut rien revendiquer
Maca, tribulus, ginseng et les mélanges qui les associent occupent l'essentiel des ventes de ce rayon, sans qu'aucune formulation ne leur soit autorisée : les dossiers déposés pour les plantes au titre du règlement (CE) n° 1924/2006 sont en attente depuis 2010. Le cas de la maca va plus loin qu'un simple vide. Dans son avis du 2 juillet 2008 (saisine 2008-SA-0011), l'Afssa, devenue Anses, conclut que la sécurité d'emploi de la poudre de racine n'est pas démontrée en l'état des connaissances, et cite une étude conduite chez 101 sujets pendant 90 jours à 600 mg par jour, au cours de laquelle une hausse significative de la pression artérielle diastolique et du taux sérique d'aspartate aminotransférase a été observée. Le VIDAL indique que le Danemark a interdit la vente des produits en contenant après identification d'alcaloïdes toxiques, et estime préférable de ne pas en consommer. Pour le tribulus, l'arrêté du 24 juin 2014 n'autorise que la feuille, la jeune pousse et le fruit, et impose des parties de plante cuites. Le VIDAL indique de son côté que la tradition situe les cures de ginseng à une durée qui n'excède pas trois mois, idéalement sous surveillance médicale, et signale des interactions possibles avec les anticoagulants et les médicaments de la glycémie.
Fertilité féminine : les folates, et le calendrier qui compte
C'est le seul terrain de cette page où un apport ciblé fait l'objet d'un consensus institutionnel, et il ne concerne pas la libido mais le projet de grossesse. La formulation autorisée est « le folate contribue à la croissance des tissus maternels pendant la grossesse », utilisable dès lors que la portion journalière apporte au moins 15 % de la VNR, soit 30 µg. Trois chiffres se croisent ensuite sur les étiquettes : la VNR européenne est de 200 µg par jour, l'Anses retient une référence de 330 µg d'équivalents folates alimentaires par jour chez l'adulte, et le VIDAL cite 400 µg pendant la grossesse. La limite supérieure de sécurité publiée par l'Anses s'établit à 1 000 µg par jour pour l'acide folique apporté par les compléments et les aliments enrichis. Le moment de la prise et le dosage relèvent d'une conversation avec un médecin ou une sage-femme, pas d'une lecture de fiche produit. Une confusion fréquente mérite d'être levée : les produits dosent le plus souvent 200 ou 400 µg par unité, ce qui produit des pourcentages supérieurs à 100 % sur les emballages sans que cela signale par soi-même un excès, la VNR n'étant qu'une base de calcul. Le VIDAL signale par ailleurs des interactions avec certains médicaments antibactériens, antipaludéens et anticonvulsivants, ainsi qu'avec le méthotrexate.
Ce qu'un complément ne peut pas faire dans un parcours de conception
Une difficulté à concevoir se documente par des examens, chez les deux membres du couple, et aucune denrée alimentaire ne remplace ce parcours. Le décret n° 2006-352 du 20 mars 2006 interdit d'attribuer à ces produits des propriétés de prévention d'une maladie humaine, et impose la mention qu'ils ne se substituent pas à une alimentation variée. Un complément ne peut donc pas se présenter comme un moyen d'obtenir une grossesse, ni comme une alternative à un bilan. Deux réflexes protègent mieux que n'importe quelle formule. Signalez tous vos produits à votre médecin, en particulier l'iode, dont l'Anses fixe la limite supérieure de sécurité à 600 µg par jour et dont les compléments à base d'algues brunes peuvent apporter des quantités très supérieures aux teneurs annoncées. Et écartez les produits multi-ingrédients qui empilent dix ou quinze plantes : ils rendent impossible l'attribution d'un effet indésirable à un composant précis.
Questions fréquentes
Existe-t-il une allégation autorisée sur la libido ?
Non. Aucune formulation du registre européen ne contient les mots libido, désir ou performance sexuelle. La mention la plus proche est « Le zinc contribue au maintien d'un taux normal de testostérone dans le sang », qui décrit un maintien et non une stimulation, et qui reste sans rapport avec le désir. Aucune plante n'est visée par une formulation autorisée sur ce terrain.
La maca est-elle autorisée en France ?
Elle est vendue en France, mais son statut mérite d'être connu. L'Afssa a conclu en 2008 que la sécurité d'emploi de la poudre de racine n'était pas démontrée, le VIDAL rapporte une interdiction de vente au Danemark après identification d'alcaloïdes toxiques, et estime préférable de ne pas en consommer. Aucune allégation ne lui est autorisée.
Quels nutriments ont une allégation liée à la fertilité ?
Deux minéraux seulement : le zinc, avec « contribue à la fertilité et à la reproduction normales », et le sélénium, avec « contribue à une spermatogenèse normale ». Les folates disposent d'une mention distincte portant sur la croissance des tissus maternels pendant la grossesse. Aucune autre substance n'est concernée.
Faut-il que les deux partenaires se supplémentent ?
La question se pose au cas par cas et se tranche avec un professionnel de santé, pas par symétrie. Les repères diffèrent : le VIDAL déconseille les compléments de sélénium chez l'homme, tandis que les folates concernent un projet de grossesse et se dosent avec un médecin ou une sage-femme.
Un complément peut-il aider à concevoir ?
Aucune denrée alimentaire ne peut se présenter ainsi : le décret n° 2006-352 interdit d'attribuer à ces produits des propriétés de prévention d'une maladie humaine, et les allégations autorisées portent sur des fonctions normales. Une difficulté à concevoir se documente par des examens chez les deux partenaires.
Pourquoi ce rayon affiche-t-il autant de promesses alors ?
Parce que le contrôle intervient après la mise sur le marché et non avant. La déclaration prévue par le décret n° 2006-352 ne vaut pas autorisation des mentions imprimées, et le régime des allégations laisse en attente depuis 2010 tous les dossiers portant sur les plantes, sans que cela empêche leur commercialisation.
Sources
- Commission européenne, registre UE des allégations nutritionnelles et de santé — consulté le 1 août 2026
- VIDAL, Complément alimentaire : Zinc (allégations autorisées et seuils d'emploi) — consulté le 1 août 2026
- VIDAL, Complément alimentaire : Sélénium — consulté le 1 août 2026
- Avis de l'Afssa relatif à l'emploi de la poudre de racine de maca (saisine 2008-SA-0011, 2 juillet 2008) — consulté le 1 août 2026
- VIDAL, Complément alimentaire : Vitamine B9 (acide folique) — consulté le 1 août 2026
- Légifrance, décret n° 2006-352 du 20 mars 2006 relatif aux compléments alimentaires — consulté le 1 août 2026
- DGCCRF, Allégations nutritionnelles et de santé : ne vous faites pas avoir ! — consulté le 1 août 2026
Mis à jour le 1 août 2026 · rédigé par Christelle, éditrice du site et non professionnelle de santé.




















































