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Aliments riches en vitamine D : le classement des sources
Mis à jour le 31 juillet 2026 · par Christelle
La vitamine D occupe une place à part parmi les nutriments : votre peau en fabrique une partie sous l’effet du soleil, et votre assiette complète le reste. Chercher des aliments riches en vitamine D a donc du sens, à condition de savoir ce que l’alimentation peut réellement apporter, et ce qu’elle ne couvrira pas. Voici les sources classées de la plus concentrée à la plus discrète, ce qu’elles pèsent vraiment dans les apports en France, et le moment où la question d’un complément se pose sérieusement.
Le classement des sources alimentaires
Les teneurs ci-dessous sont reprises de la table Ciqual de l’ANSES, pour 100 g, avec le code de confiance de chaque valeur : A signifie une donnée de fiabilité élevée, D une donnée de fiabilité faible. Sur la vitamine D, cette colonne compte particulièrement : plusieurs valeurs souvent citées reposent sur des données anciennes ou importées.
| Libellé Ciqual | Vitamine D (µg pour 100 g) | Confiance |
|---|---|---|
| Huile de foie de morue | 250 | C |
| Foie de morue, cru | 100 | D |
| Foie de morue, appertisé, égoutté | 54,3 | A |
| Chinchard gras, cru | 48,5 | A |
| Chinchard maigre, cru | 41,2 | A |
| Oeufs de cabillaud, fumés, semi-conserve | 27,2 | D |
| Oeufs de saumon du Pacifique, semi-conserve | 27 | A |
| Hareng fumé, au naturel | 22 | A |
| Saumon, appertisé, égoutté | 18,1 | D |
| Sardine, crue | 14 | D |
| Maquereau, frit | 12,3 | A |
| Champignon, chanterelle ou girolle, crue | 5,3 | C |
| Champignon, morille, crue | 5,1 | B |
| Champignon, cèpe, cru | 3,1 | D |
| Oeuf, jaune (jaune d’oeuf), cuit | 2,11 | A |
Deux enseignements que ce classement rend visibles. Le chinchard est le poisson le mieux documenté et le plus riche de la table après le foie de morue, à 48,5 µg en confiance A, et il ne figure jamais dans les listes publiées ailleurs, qui citent le saumon (18,1 µg, confiance D). Et les champignons dépassent le jaune d’œuf d’un facteur deux à deux et demi, contrairement à l’ordre habituellement présenté, même si leurs valeurs reposent sur des données de fiabilité moyenne à faible.
Cette hiérarchie demande une lecture pratique. Un aliment très concentré mais consommé trois fois par an pèse moins qu’un aliment moyennement riche présent chaque semaine. Les poissons gras occupent pour cette raison une place centrale.
Les données de consommation citées par l’ANSES le confirment. En France, chez l’adulte, les poissons contribuent à hauteur de 19 % des apports en vitamine D, et les produits laitiers à 25 %. Deux familles portent donc près de la moitié de l’apport alimentaire, ce qui explique la fragilité de l’équilibre dès qu’un régime exclut le poisson ou les laitages.
Pourquoi les aliments riches en vitamine D ne suffisent pas
La référence nutritionnelle définie par l’ANSES pour l’adulte s’établit à 15 µg par jour, soit 600 UI. Un point technique change tout : cette valeur a été fixée en ne considérant que l’apport par l’alimentation, sans tenir compte de la contribution du soleil. Or peu d’aliments concentrent réellement cette vitamine, et ceux qui le font ne figurent pas au menu quotidien de la plupart des foyers.
La synthèse cutanée reste, pour beaucoup de personnes, la voie d’apport principale. L’ANSES évoque une exposition des bras et du visage de l’ordre de 15 à 20 minutes en fin de matinée ou l’après-midi, à la belle saison, sans rechercher le bronzage. Ce mécanisme est détaillé dans notre article sur la vitamine D et le soleil.
L’hiver, le moment où l’assiette montre ses limites
Aux latitudes françaises, le rayonnement UVB devient trop faible pendant les mois d’hiver pour entretenir une synthèse cutanée significative. L’alimentation reprend alors tout son poids relatif, sauf qu’elle n’a pas été conçue pour compenser seule cette baisse. Le déficit constaté en France est ainsi surtout saisonnier, et les signes d’un statut bas se manifestent plutôt en fin d’hiver. Notre guide sur les symptômes d’une carence en vitamine D détaille ce que l’on peut, et ne peut pas, en déduire.
Le cas des champignons et de la vitamine D2
Les champignons apportent de la vitamine D2, l’ergocalciférol, d’origine fongique, quand les poissons et le jaune d’œuf fournissent de la vitamine D3, le cholécalciférol, la même forme que celle produite par la peau. Pour une alimentation végétarienne ou végétalienne, les champignons et les produits enrichis constituent les rares leviers alimentaires disponibles.
Une nuance de méthode s’impose ici, et elle joue dans les deux sens. Les valeurs des champignons de la table sont plus élevées que celle du jaune d’œuf, mais elles reposent sur des données de fiabilité moyenne à faible, quand celle du jaune d’œuf est en confiance A. Leur teneur varie aussi fortement selon l’exposition du champignon aux ultraviolets pendant sa culture, ce que la table ne distingue pas. Autrement dit, la girolle est en moyenne une meilleure source que le jaune d’œuf, mais avec une incertitude bien plus grande sur la valeur réelle de celle que vous achetez.
Quand un complément se discute
Une supplémentation ne se décide pas à l’aveugle, mais certaines situations la rendent légitime. L’ANSES identifie plusieurs populations plus exposées au déficit : les personnes âgées, les nourrissons et nouveau-nés, les femmes enceintes, les femmes ménopausées, les personnes à peau foncée, celles qui suivent un régime restrictif ou qui présentent une malabsorption intestinale.
Dans ces cas, la conversation avec un médecin ou un pharmacien prime sur tout achat spontané. La vitamine D est liposoluble, donc stockée par l’organisme, ce qui expose à un surdosage quand les doses fortes s’enchaînent sans suivi. Sur le plan des effets reconnus, le cadre européen est précis : elle contribue notamment à l’absorption et à l’utilisation normales du calcium et du phosphore, au maintien d’une ossature normale et au fonctionnement normal du système immunitaire. Seules les formulations inscrites au règlement peuvent être employées, et la liste complète figure dans notre article sur à quoi sert la vitamine D. Notre page dédiée aux besoins liés aux os détaille l’articulation avec le calcium.
Ce qu’il faut retenir
Les aliments riches en vitamine D construisent une base solide, à condition d’y revenir souvent : poissons gras plusieurs fois par semaine, produits laitiers ou aliments enrichis au quotidien, jaune d’œuf et champignons en appoint. Cette base complète la synthèse solaire, elle ne la remplace pas. En hiver, ou si vous appartenez à l’une des populations plus exposées, l’avis d’un professionnel de santé vaut mieux qu’une cure décidée seule. Pour comprendre ce que ce nutriment fait réellement dans l’organisme, notre article sur à quoi sert la vitamine D reprend les six contributions reconnues.
Questions fréquentes
Quels sont les aliments riches en vitamine D ?+
L'huile de foie de morue (250 µg pour 100 g) et le foie de morue arrivent en tête selon la table Ciqual de l'ANSES, suivis du chinchard (48,5 µg), des œufs de poisson (27 µg), du hareng fumé (22 µg) et des autres poissons gras. Viennent ensuite les produits enrichis, les champignons puis le jaune d'œuf.
Peut-on couvrir ses besoins uniquement par l'alimentation ?+
C'est difficile en pratique. Peu d'aliments en contiennent en quantité notable et la référence nutritionnelle de l'ANSES, 15 µg par jour chez l'adulte, a été définie sans compter la synthèse par la peau. L'exposition solaire raisonnable reste un apport majeur à la belle saison.
Les champignons contiennent-ils vraiment de la vitamine D ?+
Oui, sous forme de vitamine D2 d'origine fongique. Ciqual donne 5,3 µg pour 100 g de girolle crue et 5,1 µg pour la morille, soit plus du double du jaune d'œuf cuit (2,11 µg). Ces valeurs reposent toutefois sur des données de fiabilité moyenne à faible dans la table, contrairement à celle du jaune d'œuf.
Sources
- ANSES, Vitamine D : pourquoi et comment assurer un apport suffisant ? — consulté le 29 juillet 2026
- ANSES, Ciqual, table de composition nutritionnelle des aliments — consulté le 31 juillet 2026
- ANSES, Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux — consulté le 29 juillet 2026
- Règlement (UE) n° 432/2012, allégations de santé autorisées — consulté le 29 juillet 2026