Le comparateur qui mesure, pas qui vend. Données sourcées et datées.
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Aliments riches en vitamine B9 : ce que la table Ciqual documente vraiment

Mis à jour le 2 août 2026 · par Christelle

Sur les 1 433 aliments dont la table Ciqual renseigne la ligne « folates totaux », dix-huit des vingt-cinq premiers sont des foies ou des abats. Les légumes à feuilles et les légumineuses, que l’Assurance Maladie cite pourtant en tête de ses sources de vitamine B9, n’apparaissent pas dans ces vingt-cinq lignes, et la raison est méthodologique : Ciqual les documente sur une autre ligne, celle des folates intrinsèques. Cette page donne les deux classements, puis en tire ce qui distingue cette vitamine de toutes les autres : c’est la seule pour laquelle l’Assurance Maladie écrit que les apports alimentaires sont globalement insuffisants et prescrit un supplément avant même le début d’une grossesse.

Ce que la vitamine B9 est, et ce qu’on peut en dire

La vitamine B9 désigne une famille de molécules hydrosolubles. L’Assurance Maladie indique qu’elle intervient dans le métabolisme des acides aminés et la division des cellules de l’organisme, et qu’une déficience se manifeste d’abord dans les tissus à renouvellement rapide comme les globules rouges, avec une anémie à la clé. Les sources alimentaires qu’elle cite sont les légumineuses, les légumes à feuilles, le foie, la levure de bière et le germe de blé. Vidal ajoute les choux, les épinards, la mâche, les blettes, les brocolis, la roquette, les légumes secs, les oranges et les asperges.

Une distinction structure tout le reste de cette page : les folates présents naturellement dans les aliments et l’acide folique, forme de synthèse utilisée dans les compléments et l’enrichissement industriel, ne sont pas absorbés de la même manière. L’ANSES le traduit dans ses unités, puisqu’elle exprime ses références en microgrammes d’équivalents folates alimentaires, notés EFA, et qu’elle fixe sa limite supérieure de sécurité sur l’acide folique seul.

Sur le plan réglementaire, seules les formulations inscrites au registre européen des allégations de santé peuvent être employées sur un produit. Les folates contribuent à la croissance des tissus maternels pendant la grossesse, à la synthèse normale des acides aminés, à la formation normale du sang, au métabolisme normal de l’homocystéine, à des fonctions psychologiques normales, au fonctionnement normal du système immunitaire, à réduire la fatigue, et ils jouent un rôle dans le processus de division cellulaire. Ces phrases ne sont utilisables que si l’aliment ou le complément est au moins source de folates au sens du règlement, c’est-à-dire s’il en apporte au moins 15 % de la valeur nutritionnelle de référence par 100 g. Le détail des formes disponibles figure sur notre page dédiée à la vitamine B9.

Le registre autorise également, pour cette vitamine, une allégation de réduction de risque de maladie, ce qui est rare. Elle est réservée aux femmes en âge de procréer et elle porte sur le statut en folates de la mère comme facteur de risque d’anomalie du tube neural chez le foetus. Sa condition d’emploi est explicite : un apport quotidien de 400 µg d’acide folique pendant au moins un mois avant la conception et jusqu’à trois mois après. L’allégation sans la condition de dose n’a pas de sens, puisque c’est la dose qui porte l’effet.

Le classement des aliments courants

Les teneurs ci-dessous sont reprises telles quelles de la table Ciqual de l’ANSES, pour 100 g d’aliment, avec le libellé exact de la table. La colonne de confiance suit l’échelle ANSES : A pour une donnée de fiabilité élevée, D pour une donnée de fiabilité faible. La valeur nutritionnelle de référence de l’étiquetage européen est de 200 µg par jour.

Libellé Ciqual Vitamine B9 (µg pour 100 g) % des apports de référence (étiquetage UE) Confiance
Foie, volaille, cuit 1 440 720 % A
Foie, veau, cru 1 180 590 % A
Foie, oie, cru 738 369 % C
Foie, canard, cru 738 369 % C
Foie, génisse, cru 700 350 % D
Foie, dinde, cuit 691 346 % B
Foie, dinde, cru 677 339 % B
Foie, veau, cuit 592 296 % A
Foie, poulet, cru 588 294 % B
Foie, poulet, cuit 578 289 % B
Foie, génisse, cuit 536 268 % A
Foie, agneau, cuit 457 229 % A
Terrine de canard 343 172 % A
Foie de morue, cru 300 150 % D
Chips de pommes de terre nature ou aromatisées, allégées en matière grasse (et assimilés ) 254 127 % A
Foie, agneau, cru 230 115 % B
Foie, porc, cru 212 106 % B
Oeuf, jaune (jaune d’oeuf), en poudre 209 105 % B
Foie de morue, appertisé, égoutté 188 94 % A
Abat, cuit (aliment moyen) 168 84 % D
Oeuf, jaune (jaune d’oeuf), cuit 166 83 % A
Oeufs de truite, semi-conserve 165 83 % A
Foie, porc, cuit 163 82 % C
Oeuf, jaune (jaune d’oeuf), cru 159 80 % A
Maroilles, sans précision 144 72 % A

Trois lectures que ce tableau rend possibles.

Le n°1 est solide, ce qui n’est pas toujours le cas. Le foie de volaille cuit est documenté à 1 440 µg en confiance A, la fiabilité la plus élevée de l’échelle ANSES, et le foie de veau cru à 1 180 µg également en confiance A. Sur beaucoup de nutriments, la première ligne d’un classement repose sur une donnée de confiance C ou D reprise d’une base étrangère ancienne. Ici, les deux premières valeurs sortent d’analyses Ciqual. Le repère se prend donc au sommet du tableau.

Trois valeurs élevées du milieu de tableau sont plus fragiles. Le foie d’oie et le foie de canard crus, tous deux à 738 µg, portent le code C, et le foie de génisse cru à 700 µg porte le code D, le plus faible de l’échelle. Le repère fiable de ce niveau de teneur est le foie de génisse cuit, à 536 µg en confiance A, ou le foie d’agneau cuit à 457 µg, également en confiance A. Le foie de morue cru, à 300 µg, est lui aussi en confiance D, alors que sa version appertisée et égouttée, à 188 µg, est en confiance A.

Une ligne détonne et mérite d’être lue pour ce qu’elle est. Les chips de pommes de terre allégées en matière grasse figurent à 254 µg pour 100 g, en confiance A. La valeur est exacte, la conclusion serait absurde : ce produit apporte par ailleurs du sel et des matières grasses, et sa place dans ce classement tient au fait que la pomme de terre contient des folates et que la friture concentre l’aliment en le déshydratant. Un classement de teneurs brutes ne dit jamais si un aliment a sa place dans un repas.

Légumes verts et légumineuses : ce que la table documente sous un autre intitulé

Le classement ci-dessus ne contient ni épinard, ni lentille, ni pois chiche. Ces aliments ne sont pas pauvres en folates, ils sont rangés ailleurs.

La table Ciqual publie plusieurs lignes distinctes pour cette vitamine. Le classement précédent reprend « Vitamine B9 ou Folates totaux », renseignée pour 1 433 aliments, où aucun légume cru et aucune légumineuse sèche ne porte de valeur chiffrée. Pour ces aliments, la table renseigne « Folates intrinsèques », documentée pour 874 aliments. Les deux listes ne se recoupent sur aucun aliment : Ciqual publie l’une ou l’autre, jamais les deux.

Les folates intrinsèques sont ceux que l’aliment contient de lui-même, par opposition à l’acide folique ajouté lors d’un enrichissement industriel. Pour tous les aliments cités ci-dessous, la ligne « Acide folique (enrichissement) » de la table est à zéro. Leurs folates intrinsèques constituent donc la totalité de leur vitamine B9, et la valeur coïncide avec celle que Ciqual publie en équivalents folates alimentaires pour ces mêmes aliments. Ces teneurs se comparent sans conversion à celles du premier tableau.

Les légumineuses, sèches et cuites

Libellé Ciqual Vitamine B9 (µg pour 100 g) % des apports de référence (étiquetage UE) Confiance
Pois chiche, sec 557 279 % B
Fève, sèche 423 212 % B
Haricot rouge, sec 394 197 % C
Haricot blanc, sec 388 194 % C
Lupin, graine, sec 355 178 % C
Pois cassé, sec 274 137 % C
Haricot mungo, sec 216 108 % B
Lentille corail, sèche 124 62 % A
Haricot flageolet, vert, sec 121 61 % A
Pois cassé, bouilli/cuit à l’eau 119 60 % B
Lentille verte, sèche 117 59 % A
Lentille blonde, sèche 103 52 % A
Pois chiche, bouilli/cuit à l’eau 84,4 42 % A
Haricot rouge, bouilli/cuit à l’eau 78,3 39 % A
Haricot coco, bouilli/cuit à l’eau 71,4 36 % A
Fève, bouillie/cuite à l’eau 65,3 33 % A
Lentille verte, bouillie/cuite à l’eau 50,5 25 % A
Lentille blonde, bouillie/cuite à l’eau 43,1 22 % A
Pois chiche, appertisé, égoutté 36,5 18 % B
Haricot flageolet, vert, bouilli/cuit à l’eau 32,8 16 % A
Haricot blanc, bouilli/cuit à l’eau 31,1 16 % A
Lentille corail, bouillie/cuite à l’eau 23 12 % A

Deux précautions avant d’utiliser ces chiffres.

Les valeurs de tête ne sont pas les mieux établies. Le pois chiche sec à 557 µg, la fève sèche à 423 µg, le haricot rouge sec à 394 µg, le haricot blanc sec à 388 µg, le lupin sec à 355 µg et le pois cassé sec à 274 µg viennent tous de la base de composition du département de l’agriculture des États-Unis, et portent le code B ou C. La première valeur en confiance A du tableau est la lentille corail sèche, à 124 µg, issue d’analyses Ciqual. C’est elle qui sert de repère fiable, pas le sommet du classement.

La ligne sèche et la ligne cuite décrivent le même aliment à deux teneurs en eau. Ciqual documente 9,5 g d’eau pour 100 g de lentille verte sèche et 64,8 g pour la même lentille bouillie. La teneur en folates suit cette dilution : 117 µg à sec, 50,5 µg cuite, deux valeurs en confiance A issues de la même campagne d’analyses. Une dilution pure par l’eau absorbée conduirait à environ 45 µg, la valeur mesurée reste légèrement au-dessus. Comparer une ligne sèche à une ligne cuite revient donc à comparer une graine à un plat. La portion se pèse sèche et se mange cuite : 200 g de pois chiches cuits, ce qui correspond à une assiette, apportent environ 169 µg, soit 84 % de la valeur nutritionnelle de référence de l’étiquetage européen.

Les légumes verts et les feuilles

Libellé Ciqual Vitamine B9 (µg pour 100 g) % des apports de référence (étiquetage UE) Confiance
Épinard, cru 194 97 % B
Persil, frais 152 76 % B
Asperge, verte, crue 150 75 % D
Chou frisé, cru 141 71 % C
Laitue romaine, crue 136 68 % B
Épinard, cuit 125 63 % A
Chou de Bruxelles, surgelé, cru 123 62 % B
Épinard, appertisé, égoutté 98 49 % C
Roquette, crue 97 49 % C
Asperge, appertisée, égouttée 96 48 % C
Brocoli, surgelé, cru 94 47 % B
Brocoli, cuit à la vapeur 81,7 41 % A
Chou-fleur, bouilli/cuit à l’eau 78,8 39 % A
Épinard, jeunes pousses pour salades, cru 78,6 39 % A
Asperge verte, bouillie/cuite à l’eau 69,9 35 % A
Chou blanc, cru 69,6 35 % A
Brocoli, bouilli/cuit à l’eau, croquant 67,1 34 % A
Brocoli, cru 67 34 % C
Petits pois, cuits 65,6 33 % A
Épinard, bouilli/cuit à l’eau 62,7 31 % A
Chou de Bruxelles, bouilli/cuit à l’eau 49,3 25 % A
Mâche, crue 45,5 23 % A
Petits pois, bouillis/cuits à l’eau 38,2 19 % A
Brocoli, bouilli/cuit à l’eau, fondant 24,7 12 % A

Là encore, le haut du tableau est le moins solide. L’épinard cru à 194 µg porte le code B et provient de la base américaine, l’asperge verte crue à 150 µg porte le code D, le plus faible de l’échelle, et le chou frisé cru à 141 µg le code C. La première valeur en confiance A est l’épinard cuit, à 125 µg, mesuré par Ciqual. Ce chiffre est aussi le plus utile, puisque l’épinard se mange rarement cru en quantité.

Le mode de cuisson pèse plus lourd que la cuisson elle-même, et le brocoli le démontre à lui seul. Ciqual le documente à 81,7 µg cuit à la vapeur, à 67,1 µg bouilli et servi croquant, et à 24,7 µg bouilli jusqu’à devenir fondant. Ces trois valeurs portent le code A et sortent de la même campagne d’analyses Ciqual-Aprifel de 2018, c’est-à-dire du même laboratoire sur le même légume : l’écart ne vient donc pas d’une différence de source. Passer par l’eau et prolonger la cuisson divise la teneur par plus de trois. Les folates sont hydrosolubles, ils partent dans le liquide, et la table de l’ANSES le rend visible sans qu’il faille l’inférer. Cuire à la vapeur, écourter l’ébullition, ou récupérer l’eau de cuisson dans une soupe ou une sauce, sont trois gestes qui portent sur le même mécanisme.

Une conclusion pratique se dégage pour qui écarte les abats. Aucune ligne de ces deux tableaux n’approche les 1 440 µg du foie de volaille cuit, mais l’addition d’un plat de légumineuses et d’une garniture de légumes verts couvre une part réelle de la référence quotidienne. Ces mêmes aliments sont par ailleurs les principales sources de fer non héminique, sujet traité sur notre page consacrée aux aliments riches en fer pour les végétariens.

Les concentrés, à citer à part

Levures, algues et pollen affichent les teneurs les plus spectaculaires de la table. Elles se consomment par cuillerées, pas par assiettes, ce qui change entièrement la lecture.

Libellé Ciqual Vitamine B9 (µg pour 100 g) Confiance
Extrait de levure, à tartiner 2 620 C
Levure de boulanger déshydratée 2 340 C
Chlorelle (chlorella), séchée ou déshydratée 1 540 A
Pollen, frais 993 C
Levure de boulanger fraîche 785 C
Levure de bière en paillettes 697 A
Agar (algue), séché 580 C
Wakamé atlantique (Alaria esculenta), séché ou déshydraté 429 A
Dulse (Palmaria palmata), séchée ou déshydratée 295 A
Spiruline (Spirulina sp.), séchée ou déshydratée 279 A

L’extrait de levure à tartiner ouvre ce tableau à 2 620 µg, soit treize fois la valeur de référence quotidienne pour 100 g. Personne n’en consomme 100 g : il s’étale en couche très fine, de l’ordre de deux à cinq grammes, ce qui ramène l’apport réel à quelques dizaines de microgrammes. Sa valeur porte de surcroît le code C.

Deux entrées de cette liste sont documentées en confiance A et se consomment en quantités mesurables : la levure de bière en paillettes à 697 µg et la chlorelle séchée à 1 540 µg. Une cuillère à soupe de levure de bière, environ 5 g, apporte de l’ordre de 35 µg, soit 17 % de la valeur de référence. C’est un appoint réel, pas un pilier.

Les enrichis, dont la teneur vient d’un ajout

Plusieurs produits industriels figureraient haut dans un classement brut. Leur teneur en vitamine B9 ne vient pas de l’aliment mais d’un ajout d’acide folique de synthèse, ce que l’étiquette mentionne.

Libellé Ciqual Vitamine B9 (µg pour 100 g) % des apports de référence (étiquetage UE) Confiance
Céréales pour petit déjeuner très riches en fibres, nature, enrichies en vitamines et minéraux 250 125 % A
Poudre maltée, cacaotée ou au chocolat pour boisson, sucrée, enrichie en vitamines et minéraux 219 110 % A
Biscuit sec à teneur garantie en vitamines 212 106 % A
Céréales pour petit déjeuner riches en fibres, nature, enrichies en vitamines et minéraux 180 90 % A
Muesli croustillant aux fruits à coque et/ou graines uniquement, enrichi en vitamines et minéraux 177 89 % A

Ces valeurs appellent deux remarques. La première tient à la portion : une portion de céréales de petit déjeuner se situe autour de 30 à 40 g, pas 100 g, et ces produits apportent par ailleurs des sucres ajoutés. La seconde tient à la nature de la molécule. L’apport est ici de l’acide folique, la forme sur laquelle l’ANSES fixe sa limite supérieure de sécurité de 1 000 µg par jour. Quelqu’un qui consomme chaque jour des céréales enrichies, une boisson chocolatée enrichie et un complément d’acide folique cumule trois apports de la même forme de synthèse, et c’est ce cumul qui compte au regard de la limite, pas chaque produit pris isolément.

Cru ou cuit : ce que la table montre réellement

La vitamine B9 traîne une réputation de fragilité à la chaleur et de dissolution dans l’eau de cuisson. La section précédente a montré que cette réputation se vérifie sur les légumes, où le brocoli perd plus des deux tiers de sa teneur entre la vapeur et une ébullition prolongée. Sur les abats, le résultat ne va pas dans un seul sens, et le tableau ci-dessous explique pourquoi.

Libellé Ciqual Vitamine B9 (µg pour 100 g) Confiance
Foie, veau, cru 1 180 A
Foie, veau, cuit 592 A
Foie, génisse, cru 700 D
Foie, génisse, cuit 536 A
Foie, dinde, cru 677 B
Foie, dinde, cuit 691 B
Foie, poulet, cru 588 B
Foie, poulet, cuit 578 B
Foie, agneau, cru 230 B
Foie, agneau, cuit 457 A
Foie, porc, cru 212 B
Foie, porc, cuit 163 C
Oeuf, jaune (jaune d’oeuf), cru 159 A
Oeuf, jaune (jaune d’oeuf), cuit 166 A

Le foie de veau perd la moitié de sa teneur à la cuisson, de 1 180 à 592 µg, avec deux valeurs en confiance A. Le foie de porc en perd près d’un quart. Mais le foie de dinde et le foie de poulet restent stables, et le foie d’agneau double, de 230 à 457 µg.

Deux mécanismes se superposent, et c’est ce qui rend la lecture délicate. La chaleur et le passage dans l’eau font perdre une partie des folates, tandis qu’une cuisson à sec fait perdre de l’eau à l’aliment et concentre donc ce qui reste dans 100 g. Un foie poêlé ou rôti relève du second cas, un légume plongé dans l’eau bouillante du premier, et c’est ce qui sépare les deux tableaux de cette page. Les valeurs à retenir restent celles de la ligne cuite, puisque c’est sous cette forme que l’aliment est mangé.

Le geste à retenir vaut donc pour les légumes et les légumineuses, pas pour les abats : cuire à la vapeur plutôt qu’à grande eau, ou conserver l’eau de cuisson pour un bouillon ou une soupe. Les chiffres du brocoli mesurés par Ciqual chiffrent l’enjeu, de 81,7 µg à la vapeur à 24,7 µg après une ébullition prolongée.

Les repères de référence, et le piège du pourcentage

Trois chiffres circulent et ils ne mesurent pas la même chose.

La valeur nutritionnelle de référence de l’étiquetage européen est de 200 µg par jour. C’est la base des pourcentages affichés sur les emballages, et celle des colonnes de cette page.

Les références de l’ANSES sont nettement plus élevées, et exprimées en équivalents folates alimentaires. L’agence retient 330 µg EFA par jour pour les hommes et les femmes de 18 ans et plus, 600 µg pour les femmes susceptibles de devenir enceintes et les femmes enceintes, et 500 µg pour les femmes allaitantes. Elle fixe par ailleurs une limite supérieure de sécurité de 1 000 µg par jour, exprimée en acide folique.

Vidal cite de son côté des apports conseillés de 330 µg par jour chez l’homme et de 300 µg chez la femme, et de 400 µg chez la femme enceinte.

L’écart est donc considérable, et il joue dans le sens le moins intuitif. Un complément affichant « 100 % des apports de référence » apporte 200 µg, soit environ 60 % de la référence de l’ANSES pour un adulte, et un tiers de sa référence pour une femme enceinte. Le pourcentage d’un étiquetage n’est jamais un pourcentage de vos besoins, et pour cette vitamine il les sous-estime largement.

Grossesse : la seule situation où la recommandation officielle devance l’assiette

Voici le point qui distingue la vitamine B9 de tous les autres micronutriments couverts sur ce site.

L’Assurance Maladie écrit que les apports en folates peuvent être fournis par l’alimentation quotidienne, dans les fruits et légumes frais, en conserve ou surgelés, mais qu’ils sont globalement insuffisants, et que c’est pour cette raison qu’une supplémentation sur prescription est recommandée. La prescription est décrite comme systématique chez toute femme en âge de procréer ayant un désir de grossesse : si possible au moins 4 semaines avant la conception et jusqu’à 12 semaines d’aménorrhée, à la dose de 400 microgrammes par jour. Vidal décrit le même cadre, avec une fenêtre de quatre semaines avant la conception et jusqu’à huit semaines après celle-ci.

Le motif est un calendrier biologique, pas une précaution générale. La fermeture du tube neural intervient au cours de la quatrième semaine du développement embryonnaire, c’est-à-dire à un moment où beaucoup de grossesses ne sont pas encore connues. Une supplémentation démarrée à la découverte de la grossesse arrive après cette fenêtre. C’est ce décalage qui justifie une prise avant la conception, et c’est aussi ce qui explique la condition de dose attachée à l’allégation européenne de réduction de risque.

Deux précisions comptent ici. L’Assurance Maladie déconseille explicitement l’automédication en cas de projet de grossesse et invite à ne prendre aucun complément alimentaire sans en parler à son médecin ou à sa sage-femme. Et la dose prescrite peut différer de 400 µg dans certaines situations médicales, ce qui relève strictement d’un avis professionnel. Notre sélection Fertilité compare les produits sur des critères vérifiables, elle ne remplace pas cette consultation.

Quand un complément se discute en dehors de la grossesse

Hors projet de grossesse, la question se pose dans des cas plus étroits. Une alimentation pauvre en légumes verts et en légumineuses, une consommation d’alcool régulière, certaines maladies digestives et plusieurs traitements au long cours modifient le statut en folates, et ces situations relèvent d’un bilan médical plutôt que d’un achat en rayon.

Vidal signale deux points de vigilance sur les compléments. Des cas d’allergie, de troubles gastro-intestinaux et de troubles du sommeil ont été rapportés avec des doses d’acide folique supérieures à 5 mg par jour. Et les folates peuvent diminuer l’efficacité de certains médicaments, notamment des antibactériens, des antipaludéens, des chimiothérapies et des antiépileptiques : une cure entamée sans en parler à son médecin ou à son pharmacien n’est pas anodine dans ces contextes.

Un dernier réflexe mérite d’être connu. Les folates et la vitamine B12 partagent une partie des mêmes signes de carence sur la formule sanguine, ce qui rend leur interprétation liée. Si la question d’une anémie se pose, elle se tranche par un bilan et non par une supplémentation entreprise à l’aveugle, d’autant qu’un apport commencé avant le dosage en modifie la lecture. Notre page sur les aliments riches en vitamine B12 détaille le second versant de ce couple.

Notre page dédiée à la vitamine B9 compare les formes disponibles, acide folique et folates méthylés, et donne les critères de lecture d’une étiquette. Parmi les allégations autorisées, la contribution à réduire la fatigue est celle qui motive le plus d’achats hors grossesse : notre sélection Énergie et fatigue permet de comparer les produits sur des critères mesurables.

À retenir

Le classement Ciqual des aliments riches en vitamine B9 est dominé par les foies, avec deux valeurs de tête solides, 1 440 µg pour le foie de volaille cuit et 1 180 µg pour le foie de veau cru, toutes deux en confiance A. Les foies d’oie, de canard et de génisse crus, très cités ailleurs, reposent sur des données en confiance C ou D : les repères fiables de ce niveau sont le foie de génisse cuit à 536 µg et le foie d’agneau cuit à 457 µg. En dehors des abats, la table documente le jaune d’oeuf, les oeufs de truite et le maroilles autour de 145 à 165 µg, et les levures et algues seulement comme concentrés à consommer par cuillerées. Les légumineuses et les légumes verts, absents du classement principal parce que Ciqual les range sur sa ligne des folates intrinsèques, constituent le socle du reste : pois chiche sec à 557 µg en confiance B, lentille corail sèche à 124 µg en confiance A, épinard cuit à 125 µg et pois chiches cuits à 84,4 µg, tous deux en confiance A. Sur ces aliments, le mode de cuisson change tout, le brocoli passant de 81,7 µg à la vapeur à 24,7 µg après une ébullition prolongée. Sur les abats en revanche, la cuisson joue dans les deux sens selon la pièce. Et une situation échappe entièrement à ce raisonnement : en cas de projet de grossesse, la supplémentation en acide folique est prescrite avant la conception, à 400 µg par jour, parce que l’assiette est officiellement jugée insuffisante et parce que la fenêtre biologique se ferme avant que la grossesse ne soit connue.

Questions fréquentes

Quels sont les aliments les plus riches en vitamine B9 ?+

Les foies dominent la table Ciqual de l'ANSES : foie de volaille cuit à 1 440 µg pour 100 g et foie de veau cru à 1 180 µg, deux valeurs en confiance A, la fiabilité la plus élevée de l'échelle. Suivent le foie d'oie et le foie de canard crus à 738 µg (confiance C), le foie de dinde cuit à 691 µg (B) et le foie de veau cuit à 592 µg (A). La valeur nutritionnelle de référence de l'étiquetage européen étant de 200 µg par jour, 100 g de foie de volaille cuit en représentent plus de sept fois la valeur.

Quels aliments riches en vitamine B9 quand on ne mange pas de foie ?+

Les légumineuses et les légumes verts, que la table Ciqual documente sur une autre ligne que le classement principal, celle des folates intrinsèques. Le pois chiche sec y figure à 557 µg pour 100 g et la fève sèche à 423 µg, deux valeurs en confiance B ; cuits à l'eau, les mêmes aliments tombent à 84,4 µg et 65,3 µg, en confiance A, parce qu'ils absorbent l'eau de cuisson. Côté légumes, l'épinard cru est documenté à 194 µg (B), l'épinard cuit à 125 µg (A) et le brocoli cuit à la vapeur à 81,7 µg (A). Le jaune d'oeuf complète, à 166 µg cuit et 159 µg cru, deux valeurs en confiance A, de même que les oeufs de truite en semi-conserve à 165 µg (A) et le maroilles à 144 µg (A).

Faut-il prendre de l'acide folique avant une grossesse ?+

C'est la recommandation officielle, et elle ne repose pas sur l'assiette. L'Assurance Maladie indique qu'un supplément de vitamine B9 est prescrit si possible au moins 4 semaines avant la conception et jusqu'à 12 semaines d'aménorrhée, à la dose de 400 microgrammes par jour, parce que les apports alimentaires sont globalement insuffisants. Vidal décrit la même prescription systématique chez toute femme en âge de procréer ayant un désir de grossesse, quatre semaines avant la conception et jusqu'à huit semaines après celle-ci. La prescription relève du médecin ou de la sage-femme, pas de l'automédication.

Folates alimentaires et acide folique, est-ce la même chose ?+

Non, et l'ANSES le traduit dans ses unités. Ses références sont exprimées en microgrammes d'équivalents folates alimentaires (EFA), une unité qui existe précisément parce que l'acide folique de synthèse et les folates naturellement présents dans les aliments ne sont pas absorbés de la même façon. La même agence fixe d'ailleurs sa limite supérieure de sécurité, 1 000 µg par jour, sur l'acide folique seul et non sur les folates de l'alimentation.

La cuisson détruit-elle la vitamine B9 ?+

Cela dépend de l'aliment et surtout du mode de cuisson. Sur les abats, deux effets s'annulent en partie : le foie de veau passe de 1 180 µg crus à 592 µg cuits, mais le foie d'agneau passe de 230 µg crus à 457 µg cuits, parce que la cuisson dégrade une partie des folates tout en concentrant l'aliment qui perd de l'eau. Sur les légumes, le sens est net : Ciqual documente le brocoli à 81,7 µg cuit à la vapeur, à 67,1 µg bouilli et servi croquant, et à 24,7 µg bouilli jusqu'à devenir fondant, trois valeurs en confiance A issues de la même campagne d'analyses. Passer par l'eau et prolonger la cuisson divise ici la teneur par plus de trois.

Combien de vitamine B9 par jour ?+

Trois chiffres circulent. La valeur nutritionnelle de référence de l'étiquetage européen est de 200 µg par jour, c'est elle qui sert de base aux pourcentages affichés sur les emballages. L'ANSES retient une référence de 330 µg EFA par jour chez l'adulte, de 600 µg pour les femmes susceptibles de devenir enceintes et les femmes enceintes, et de 500 µg chez la femme allaitante, avec une limite supérieure de sécurité de 1 000 µg par jour d'acide folique. Un complément affichant 100 % des apports de référence apporte donc 200 µg, soit environ 60 % de la référence de l'ANSES pour l'adulte.

Sources

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